Université d’Eté de la correspondance littéraire à Ferney-Voltaire

La ville de Ferney-Voltaire a inauguré cette année son université d’Eté qui s’est tenue entre le 29 août et le 2 septembre à la mairie. Le thème choisi,  la correspondance littéraire, fut proposé par l’Institut international du livre et de la librairie (2I2L) que dirige M. Philippe Martin, professeur d’histoire moderne à l’Université Lumière Lyon 2, et membre de mon laboratoire, le LARHRA.

Le choix de ce thème n’est pas anodin. On a recensé et publié environ 22 000 lettres écrites par le patriarche de Ferney, Voltaire. Les chercheurs trouvent encore des lettres inédites d’une correspondance qui paraît n’avoir pas de limites.

La municipalité de Ferney a accueilli, de fort belle manière une quarantaine de participants, doctorants et enseignants-chercheurs pour présenter, discuter, et débattre des thèmes de recherche de chacun, où la correspondance épistolaire joue un rôle majeur.

L’étendue et  l’hétérogénéité des disciplines représentées a permis à tous les participants de confronter leurs expériences et leurs points de vue. Les intervenants abordèrent les problèmes de correspondances aussi variées que celles de Voltaire, Marcel Proust ou encore Louis-Ferdinand Céline, François Delsarte, Pierre Fourier, et Natalia Ginzburg.

En filigrane, les communications posaient aussi des questions de méthodes sur lesquelles nous, chercheurs, butons quelques fois. Le devenir de nos travaux donna lieu à quelques présentations de projets de bases de données et d’éditions critiques en ligne comme la correspondance Pierre Bayle dirigée par M. McKenna dont je reparlerai.

J’ai présenté une communication sur Jacob Spon (1647-1685) en tant qu’intermédiaire entre Paris, l’Italie et Genève. J’ai abordé ce que la correspondance de Spon révélait comme contenus permettant de mieux connaître les rapports entre savants dans la République Lettres, et principalement entre ces ensembles géographiques. Le lien entre Spon est Genève était fort. Le médecin lyonnais y fit ses humanités, et y pratiquer sa foi protestante en toute liberté. J’ai aussi évoqué les lacunes de cette correspondance, parfois expurgée à dessein par les héritiers de ces lettres, puis par les conservateurs de bibliothèques au XIXe siècle.

En arrivant à la mairie de Ferney, où se tenait nos sessions, j’ai eu la surprise de constater que les éditions locales Dauphiné Libéré et La Tribune républicaine, me mentionnaient. Je suis intervenu un mardi après-midi après deux interventions de spécialistes voltairistes pour lesquels quelques Ferneysiens s’étaient déplacés. Quant à moi, peut-être que cette citation que j’estime incongrue en considération de mon rang fut le fait que j’évoquais la ville de Genève par ma communication.

Les actes de cette première université d’Eté donneront  lieu à une publication sous la direction de M. Martin. Je mettrai en ligne cet article dès que je l’aurai achevé.

Une visite du château de Ferney où Voltaire passa les vingt dernières années de sa vie a permis à notre assemblée de mieux situer ce village dans l’Europe des Lumières en tant que centre intellectuel. Voltaire sut faire du bourg le centre du parti philosophique en Europe. Il y écrivit ses ouvrages les plus réputés : Candide, Le dictionnaire philosophique ; y mena ses plus belles luttes de plume pour Jean Calas ou le chevalier de la Barre. On mesure mal, si on n’en est pas informé quelle fut l’influence de Voltaire sur le village de Ferney qu’il modela à sa façon.

Je déplore comme le conservateur du château, et quelques uns de mes collègues, l’état de l’intérieur de l’édifice qui mériterait une petite réfection. Les malheureux aménagements réalisés par les propriétaires succédant à Voltaire ont contribué aussi à dénaturer la bâtisse qui devint au XIXe siècle un lieu de pèlerinage pour de nombreux hommes de plume de France et d’Europe.

Ce séjour fut des plus instructifs et fructueux. J’ai rencontré de nombreux collègues doctorants avec lesquels j’ai noué des contacts stimulants. Je remercie M. Martin et la municipalité de Ferney-Voltaire pour leur accueil exceptionnel. Il est rare d’être accueilli aussi confortablement et efficacement lors de colloques scientifiques. Malheureusement, pour raison professionnelle, je ne pus pas assister à l’intégralité du colloque

Gageons que les prochaines éditions de cette université d’Eté seront aussi bonnes que la première.

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