Appel à contribution aux doctorants en Sciences humaines et sociales pour une journée d’étude sur la sphère publique/sphère privée

Le collectif des doctorants en histoire du LARHRA organise une journée d’étude sur la question de l’opposition entre sphère privée et sphère publique.

 La notion de sphère, désigne l’ensemble des interactions d’un individu avec d’autres personnes. Mais ces interactions  se déroulent dans un périmètre donné selon la nature de la relation nouant l’acteur à ses interlocuteurs, l’espace public ou privé.

La Philosophie, la Sociologie, la Littérature se sont intéressées à l’opposition sphère privée, sphère publique. Jürgen Habermas a été le premier à étudier dans sa thèse de philosophie L‘espace public : archéologie de la publicité comme dimension constitutive de la société bourgeoise, soutenue en 1962, la constitution et la place de l’espace public dans les sociétés occidentales.

Au sens habermassien, l’espace public est un espace où se déroule la vie de la Cité, et où s’exerce l’opinion publique comme arbitre et acteur des débats animant la société ; autrement dit, le lieu où l’Homme joue son rôle de citoyen (et du travailleur au service de la société) ; mais cette notion a été remise en cause par les travaux qui ont précédé la thèse de Jürgen Habermas. Mais le mot espace renvoie lui même  à une approche à la fois concrète et géographique, et abstraite, c’est-à-dire intellectuelle.  Stéphane Van Damme a examiné les critiques et les innovations apportées à la notion d’espace public dans un article « Farewell Habermas ? Deux décennies d’études sur l’espace public. » <2>

Mais les notions de sphère publique et de sphère privée ont une définition polysémique selon l’angle d’étude abordé : juridique, sociologique, philosophique. Et d’ailleurs, qu’appelle-t-on le public ? Au XVIIe siècle, le public est cette frange lettrée de la population (noblesse et haute bourgeoisie) capable de juger toute production intellectuelle ou littéraire à l’aide de la Raison. Hélène Merlin a donné une étude magistrale de la notion de public au Grand Siècle, <1> bien différente de celle que l’on connaît en ce début de XXIe siècle

L’historien s’appuie sur des sources pour construire son travail. Ces documents sont d’ordre privé, ou d’ordre public. On oppose traditionnellement les sources du for privé (correspondant aux ego-documents c’est-à-dire les journaux intimes, la correspondance privée, etc.), aux documents publics (décisions de justice, documents administratifs, lettres d’ordre « professionnel »).

Ces documents sont des traces des interactions sociales et intellectuelles entre les agents dans le champ de l’espace public. Car c’est cet espace qui organise et distribue les relations entre individus, et c’est dans cet espace que les motivations et les actions élaborées dans la sphère de l’intimité trouvent leur accomplissement.

Hannah Arendt a aussi écrit dans la Condition de l’homme moderne et la Crise de la culture sur la disparition de la sphère publique, supplantée par la  sphère privée apparue avec l’affirmation de la bourgeoisie et de son mode de vie au XVIIIe siècle.

Aujourd’hui, les juristes constatent que la frontière entre sphère privée et sphère publique s’est distendue en raison de l’apparition de nouveaux usages de sociabilité sur le Web, avec l’apparition des réseaux sociaux et des interactions entre utilisateurs.

Notre petit groupe des doctorants du LARHRA souhaite organiser une journée d’étude interdisciplinaire autour de ces notions de sphère publique et de sphère privée. Selon l’afflux de communications, cette manifestation pourrait se dérouler sur deux jours avec la présence de nombreux doctorants, maîtres de conférences et professeurs du LARHRA.

Trois thèmes sont proposés par Maria Uzcategui :

1.      De la sphère privée à la sphère publique : La publicité des idées et des motivations intimes : le cas des correspondances privées ; les journaux intimes, les mémoires individuelles et la mémoire collective, le rôle des mass-médias.

2.      De la sphère publique à la sphère privée : La liberté de culte/ la laïcité ; la liberté d’expression/ la censure (dictatures, régimes totalitaires, interdiction des partis politiques…).

3.      L’opposition sphère publique/ sphère privée est assimilable à celle d’espace public et d’espace intime ?

 

Nous lançons donc un appel à contribution à l’ensemble des doctorants en sciences humaines et sociales (Histoire, Géographie, Droit, Sociologie, Philosophie, Lettres, sciences de la communication), sur ces thématiques de la sphère publique et de la sphère privée ; leur définition, leur application dans le champ des sciences de l’Homme. 

Nous avons prévu d’organiser cette journée au printemps 2013 à une date qui reste à fixer. La date butoir d’envois des contributions est elle fixée provisoirement au 1er mars 2013.

Envoyez nous le titre de votre communication et un résumé d’une vingtaine de lignes.

Vous pouvez nous contacter par courriel (en précisant dans l’objet de votre mail l’appel à contribution),

Maria Uzcategui : maum79@hotmail.com

Yves Moreau :  yvesmoreau99@msn.com ; ou yves.moreau@univ-lyon3.fr

Bien entendu, nous communiquerons via les réseaux sociaux et par courriel sur l’organisation de cet événement et son  déroulement.

<1> Public et Littérature en France au XVIIe siècle, Paris, Les Belles Lettres, 1994, rééd. 2004 .

<2> Article paru dans Les dossiers du GRIHLhttp://dossiersgrihl.revues.org/682#quotation

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