Enseignement et recherche universitaire : hybrider les pratiques numériques

J’ai évoqué lors d’un billet précédent comment j’avais formé un enseignant sur Zotero pour l’aider dans son travail de chercheur. De cette expérience, m’est venue l’idée encore confuse que le développement numérique à l’université se nourrissait chez les enseignants-chercheurs d’interpénétrations entre leurs pratiques de chercheur et d’enseignant.

Cette intuition se base sur un constat simple. En France, dans le milieu universitaire, les enseignants sont (pour une majorité) aussi des chercheurs. Surtout des chercheurs, l’activité semble plus valorisante. Celui-ci se pose la question de la pertinence d’outils numériques à vocation pédagogique.

De là l’idée de proposer aux enseignants une hybridation des pratiques. Si nous voulons vraiment accompagner efficacement les enseignants en pédagogie numérique , il faut être pragmatique et adopter une « politique des petits pas », à défaut d’avoir une stratégie d’établissement portée par une équipe dirigeante capable de comprendre et d’anticiper les usages. Cette pragmatique passe par l’adaptation et l’hybridation des pratiques en ayant recours à un medium. Une bibliographie Zotero ou une formule mathématique écrite sous LaTeX peuvent par exemple très bien être exportables sur Moodle par la mise en place de plug-in. La plateforme Moodle se prête bien à ce rôle d’intermédiaire par sa flexibilité.

Par effet de ricochet, cette hybridation est aussi profitable aux étudiants puisqu’ils acquièrent une pratique raisonné et disciplinaire des outils numériques par leur manipulation. On peut aussi pousser plus loin ces usages par l’enseignement d’une méthodologie scientifique propre à chaque matière en ayant recours aux outils utilisés par les enseignants. Par exemple, la rédaction d’un mémoire de M1 peut se faire en LaTeX ou la recherche documentaire par le recours aux moteurs de recherche spécialisés comme Isidore… Pour peu, bien sûr qu’on en enseigne les rudiments !

Peut-être faut-il raisonner de façon systémique si l’on veut embrasser l’ensemble des interactions possibles entre les usages du chercheurs, de l’enseignant et l’avantage qu’on peut en tirer (gain de temps car les outils sont familiers et utilisés fréquemment, amélioration qualitative des cours et des échanges avec les étudiants…) Nous aurions tout à gagner à penser un enseignement numérique en partant du concret c’est-à-dire des usages…

Voilà où en est l’état de ma réflexion sur ces pratiques hybrides qui est amenée à évoluer (comme toute idée !). Nous allons tenter de façon très informelle avec mon compère enseignant évoqué dans les premières lignes [1], d’appliquer ce principe d’hybridation dans le cadre d’un cours où nous mettrons les étudiants à contribution. Si ce projet se concrétise, j’en rapporterai les conclusions sur ce carnet.

_________

[1] Cette « expérience » se fait à la demande de l’enseignant. Ma contribution est liée à mon activité de chercheur en Histoire ; elle consisterait à évaluer les usages numériques des étudiants, à donner les bases méthodologiques de la rédaction d’un mémoire (bibliographie, sources) par une formation en quelques heures à l’utilisation de Zotero (installation, principes de bases, importation/exportation des références).

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